ou encore
L’ascension des « pèlerins » … ou plutôt « pèlerines » (bien que ce mot ne figure pas au dictionnaire sous la forme féminine, dans le sens qui nous intéresse ; aussi, que l’on veuille bien me pardonner cette entorse). On aurait pu dire encore « pérégrines » comme pouvait se le permettre Madame Jeanne Bourin , situant ses personnages au Moyen Âge, aurait-ce été plus joli ? Bref, pour faire plus simple, une fois par mois, nous étions un tout petit groupe, avide de lecture, où l’élément mâle s’obstinait à être en minorité ; sans doute, sa valeur compensait-elle le faible nombre ! Donc, la plupart de ces mardis après-midi, nous étions trois ou quatre, cinq ou six à la rigueur, les yeux (les oreilles aussi) rivés sur ce duo ou trio formé par notre sympathique bibliothécaire et ses adjointes dont nous appréciions la gentillesse et l’érudition. Tout cela aboutissant à un ensemble agréable mais un peu timide, il faut le reconnaître... Nous échangions nos idées sur les livres lus, au hasard, nous encourageant mutuellement à nous diriger vers d’autres auteurs moins connus, vers une découverte sans cesse plus attrayante (lectures de textes entre-autres) jusqu’au jour où Nelly Bernard, directrice de la bibliothèque, eut la lumineuse idée d’inviter à notre « club » des amis bibliothécaires plus spécialisés dans certains auteurs.
Cela commença par
Tobie des marais, de
Sylvie Germain, que l’on « disséqua » littéralement, le côté dramatique de l’histoire se muant en une poésie enchanteresse. Presque à l’unanimité, un enthousiasme couronna cet écrivain de classe. Vint le tour de
Christian Bobin et de ses
Nouvelles dans lesquelles flottaient une atmosphère poétique, une tendresse, un art de transcender les peines, les deuils en joies, grâce au souvenir et à une description minutieuse des fleurs et objets constituant son environnement. Puis notre association
« les Amis de la bibliothèque », un peu enfouie, émergea de ses ténèbres. On espérait, on pressentait une transformation, un pas vers une deuxième jeunesse. Dieu merci, ce ne fut pas en vain ! Nous nous efforcions de former un TOUT
« Biblio » et
« Amis » avec à sa tête, notre président Didier, ô combien actif et documenté, et toujours à l’affût des nouvelles de la littérature, de la poésie et autres genres susceptibles d’attirer un public tous âges confondus.
L’on essaya de changer jour et heure et un certain jeudi 28 novembre, Marie-Françoise nous fit une conférence passionnante sur cet auteur chinois
François Cheng, au français subtil malgré un apprentissage tardif de notre langue, récemment élu à l’Académie française. Le commentaire de son livre merveilleux
L’éternité n’est pas de trop remporta un plein succès, rassemblant une vingtaine d’auditeurs, un peu tassés, il est vrai, mais cela faisait chaud au cœur.
Entre-temps, nous n’oublierons pas les éminents conférenciers venus se joindre à cette équipe, dont Monsieur
Serge Martin, puis Monsieur
Laurent Perreaux, nous éclairant sur les
Dumas, père et fils, sur les
Prix Littéraires de l’année. Puis, en dernier lieu, sa causerie sur le grand
Stefan Zweig, ses œuvres en général, et plus particulièrement
Le Monde d’hier ou
Souvenirs d’un Européen, qui rassembla un public fervent d’une soixantaine de personnes ! (score encore jamais atteint ! en partie, peut-être, lié à ce passage du jeudi au samedi et aussi à l’intérêt croissant des Saint-Loupiens pour ces rencontres littéraires).
En dernier lieu, la conférence consacrée à Madame
Geneviève de Gaulle Anthonioz remplit la Maison Consulaire, ce qui représente un franc succès, eu égard à la neige tombée en abondance, contribuant à freiner la venue d’amis des banlieues voisines. Le récit très documenté que nous fit Marie-Françoise capta l’auditoire, soulevant une grande émotion. Nous eûmes la chance d’avoir à nos côtés, Madame
Francine de La Gorce qui compléta ce témoignage sur la vie de Madame Geneviève de Gaulle et sur les activités et objectifs d’A.T.D. Quart-Monde. Voilà où nous en sommes de cette ascension…En route vers le sommet !