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Choisir sa vie

 



Nous souhaitons faire connaître des jeunes de notre ville qui ont un parcours original et qui choisissent leur vie plutôt que de la subir sans projet particulier.

C'est pourquoi nous donnons la parole à Gwénaëlle POLINE, une jeune danseuse classique de 18 ans, originaire de St Leu. Un témoignage en forme de leçon d’enthousiasme, de courage et de volonté...



Peux-tu nous présenter l'établissement dans lequel tu as effectué ta formation de danseuse ?

Désormais, j'appartiens au Ballet National de Marseille Frédéric Flamand. Ma is, l'an dernier, je faisais encore partie de l'École Nationale Supérieure de Danse de Marseille. Pour rentrer dans cette prestigieuse École, il faut passer une audition. On peut y rentrer à partir de 10 ans et jusqu'à 18 ans. Pour les plus jeunes, c'est seulement un examen physique, mais après, il y a un examen technique sur 4 jours. A partir de 16 ans, l'audition a lieu seulement sur 2 jours. Or, il faut préciser que plus on grandit, plus c'est difficile d'entrer à l'École. Les élèves de l'École viennent de toute la France, mais la majorité vient du sud de la France. A l'École, il y a une centaine d'élèves. Il y a bien sûr moins de garçons que de filles. P our trois classes de filles, soit un cycle d'étude, il n'y a qu'une seule classe de garçons.

 

Quels rapports les élèves et les professeurs entretiennent-ils ?

Le fonctionnement de l'École est régi par un règlement intérieur assez strict où le respect du savoir et de ceux qui nous l'enseignent est capital. Quand un élève rencontre un professeur, il se doit de le saluer en exécutant une révérence. Chaque classe possède un professeur attitré. Il se crée un rapport souvent unique entre élèves et professeurs. C'est un lien privilégié, qui est établi dans le plus grand respect du professeur. Nos professeurs, dans le souci de nous faire progresser, peuvent être très durs et aller jusqu'à l'humiliation. Il faut préciser que nos professeurs ont été de très grands danseurs dans les plus grandes compagnies, notamment l'Opéra de Paris. Souvent, nous attendons beaucoup de nos professeurs, nous espérons tous les jours de nouvelles corrections. Si, par hasard, ces corrections ne viennent pas, il s'ensuit toujours une remise en cause de soi : le professeur ne nous aime pas car on ne danse pas assez bien, car on ne travaille pas assez…

 



Quelle ambiance règne entre les élèves ?

Entre les élèves, les relations sont souvent bonnes. En cours de danse, il y a une certaine compétition. Je pense que c'est plutôt une bonne émulation à condition que cela ne se ressente pas à la ville et que l'ambiance de travail reste bonne. Il y a toujours de petites pestes pour vous pourrir une super ambiance, mais cela se retrouve partout. De plus, il y a un âge où toutes les filles sont des pestes ! Par contre, il se passe des choses extraordinaires. A force de vivre des moments difficiles ou merveilleux ensemble, il se créée de très belles amitiés, et je pense que c'est ce qu'il faut retenir.

 

Quelle est la vie, au quotidien, d’une élève de l’Ecole ?

Etant maintenant stagiaire au ballet, je ne suis plus en horaires aménagés. L'année dernière encore, mon quotidien rimait avec course perpétuelle contre le temps. Tous les élèves doivent assurer un double emploi du temps. J’avais, en moyenne, 16 heures de danse par semaine. Selon les niveaux, les élèves de l'Ecole peuvent étudier la danse classique, bien sûr, la danse contemporaine, la danse de caractère, le mime, la formation musicale, l'histoire de la danse, l'anatomie et des stages de danse jazz. Parallèlement, tous les élèves suivent un cursus d'études générales. Nous avons autant d'heures que des élèves normaux, les cours sont seulement concentrés dans certaines parties de journées. En terminale, nous avons même sport ! Nous avons, heureusement, les mêmes vacances que tous les élèves... Pour ma part, je rentrais à St-Leu toutes les 2 ou 3 semaines entre les vacances. J'avoue, qu'au début, ce fut très difficile, tout comme l'année de terminale. Deux établissements proposent des places en internat, un collège privé et un lycée public. Cependant, il n'y a pas de place pour tout le monde. Certains élèves font appel à une famille d'accueil. De plus, comme les internats sont fermés le week-end, de nombreux élèves logent en famille d'accueil le week-end.

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Quel a été ton parcours personnel en tant que danseuse ?

J'ai commencé la danse classique à l'âge de 10 ans avec Brigitte Léger et Emmanuelle Carabin, qui enseignent respectivement à St-Leu et au Conservatoire de Franconville. Auparavant, j'avais fait de la danse contemporaine avec Claire Von Vlaterming. J'ai ensuite pris des cours à Paris, à l'Académie Chaptal, avec Madame Arabian. Ce fut mon premier contact avec un monde impitoyable. Toutes les petites filles veulent réussir le concours d'entrée de l'Ecole de l'Opéra de Paris. Avec ce premier échec la volonté est mise à l'épreuve. J'ai continué en section sport-études à l'Académie, et c'est Madame Arabian qui m'a préparée au concours d'entrée de l'Ecole de Marseille. J'avais passé l'audition l'année précédente, mais ce fut en vain. Par contre, cette fois-ci, ce fut la bonne... J'ai participé à tous les spectacles de l'Ecole avec un grand bonheur. Monter sur scène est toujours un moment extraordinaire, surtout qu'à l'Ecole, tout le monde n'est pas sélectionné. L'Ecole est une école de la vie où l'on grandit plus vite car on doit assumer jeune des responsabilités, savoir se gérer seul, maximiser son temps entre la danse et les études. Aujourd'hui, j'ai fini mon cursus et l'Ecole m'a donné une bonne base pour l'avenir. J'ai de nombreux projets, j'ai déjà des projets de spectacles et d'auditions. En décembre, je suis allée au Brésil pour danser 4 spectacles, et en janvier, je vais participer à la programmation du Ballet de Marseille à l'Opéra de Marseille... Parallèlement à mon projet artistique, je continue mes études supérieures grâce à des cours par correspondance qui me permettront d'obtenir une licence de géographie. Je garde cet atout dans ma manche, car même si la danse est mon métier et que je désire en vivre, une blessure est si vite arrivée et, à 40 ans, la carrière d'une danseuse est terminée.

 

Quel bilan peux-tu déjà tirer de ton expérience ?

Si je me retourne sur ce que j'ai vécu, je ne sais pas si je peux dire que je suis satisfaite. Je suis contente d'avoir eu mon bac mention bien, d'avoir fait toutes mes classes à l'Ecole. J'ai vécu des moments difficiles à l'Ecole, comme tous les élèves. Mais, l'internat, les spectacles de danse et l'Ecole ont parsemé ma vie de petits et grands bonheurs inoubliables : certains spectacles, certaines fêtes d'anniversaires... et mon premier spectacle en tutu, spectacle chorégraphié pour l'Ecole par Jean-Guillaume Bart, danseur Etoile de l'Opéra de Paris. Quand on est danseur, on n’est jamais satisfait. C'est cela qui fait notre richesse et notre force intérieure. Le doute permet de progresser et d'avancer toujours plus loin dans son art.

 

Que conseillerais-tu à un jeune qui aimerait suivre ton parcours ?

Conseiller quelqu'un qui voudrait suivre la même voie est très difficile. On hésite toujours à dire « Vas-y ! Fonce ! Mais réfléchis bien ! » Ce qu'il faut dire, c'est que les parents doivent soutenir à fond leur enfant. Mais c'est bien à l'enfant qu'appartient cette passion, et non aux parents... Il arrive de douter et c'est à ce moment qu'il faut se demander si on veut continuer. La danse doit rester une passion mais c'est tellement difficile qu'il ne faut jamais se forcer.


Professeur de danse au conservatoire de Franconville, Emmanuelle CARABIN, garde un souvenir particulièrement enthousiaste de son ancienne élève.

Gwénaëlle était passionnée et motivée. Elle restera l’un de mes plus beaux souvenirs en tant que professeur. Enseigner à une élève qui en demande toujours plus est un cadeau. Je suis heureuse aujourd’hui de voir que son rêve d’enfant, devenu passion, est en train de se réaliser.

Soutenue et aidée par sa maman, elle-même chanteuse lyrique ainsi que par son papa, elle s’est jetée à corps perdu dans le travail quotidien d’une future danseuse. L’apprentissage est dur, le travail exigeant, nécessitant une volonté sans faille et un tempérament à toute épreuve. Courageuse et volontaire, Gwénaëlle s’est forgée petit à petit une carapace, qui, je l’espère, lui permettra de faire face aux exigences et aux difficultés du métier.

Dynamique et énergique, concentrée et impatiente de rentrer en cours pour enfin… danser et assouvir ainsi sa soif de connaissances : telle était Gwénaëlle lorsqu’elle arrivait à mes cours.

Dans le dernier spectacle auquel elle a participé, je lui avais confié un solo sur une musique de Rachmaninov. Je lui avais laissé le soin de chorégraphier certaines parties du solo. J’ai alors découvert qu’elle avait un certain talent pour la chorégraphie et que cela l’intéressait. Plus tard, peut-être, lorsqu’elle aura acquis expérience scénique et maturité…

Remplie d’humour, elle possède, tout comme sa maman, cette fabuleuse capacité, qu’ont certaines personnes, de rire de tout. Cela lui permet d’encaisser les déceptions et les échecs, tout en assumant la réussite et le bonheur. Que de bons moments passés avec Gwénaëlle et sa maman à la fin des cours, à bavarder et à rire de tout et de rien.

J ’admets qu’elles me manquent toutes les deux, mais, respectueuse de ces années passées, Gwenaelle n’oublie jamais de me téléphoner pour me tenir au courant de son évolution. Je lui en suis reconnaissante et j’avoue être fière de cette élève devenue « stagiaire ». Je lui souhaite de tout cœur de faire la carrière qu’elle espère et qu’elle mérite. Un gros « M… », mademoiselle.

 
 
Emmanuelle CARABIN
 
 
 
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